
N’en déplaise à Marcel Duchamp la peinture est toujours présente et bien vivante ! Preuve en est l’exposition en cours jusqu’à la mi-août à la bibliothèque municipale de Bains.
Regarder les tableaux de Flora Campos c’est un peu comme une séance de méditation : vous pensez d’abord avoir saisi de quoi il s’agit, puis par immersion lente, le sujet surgit de la forme.
Des corps de femmes dévêtus aux contours épais et puissants, dont les formes et les ombres sont soulignées par une palette de trois couleurs dont le rose quinacridone, avec sa teinte rouge-violette, le bleu, le jaune. Ces teintes habillent le vide des fonds selon un monochrome créant un halo qui entoure le modèle et attire subtilement le regard.

L’ensemble frappe par son intensité graphique, le jeu des contrastes, le nu féminin est ici un support pour peindre la lumière des corps.
Sous certains aspects, le style nous évoque la peinture d’Egon Schiele, qui cherchait à provoquer l’émotion en utilisant des rouges, des jaunes, des verts, et en mettant les corps dans des postures grotesques, ou quasiment désarticulées.
Ici, l’esthétique qui se dégage de l’ensemble se situe du côté d’une beauté calme et apaisante
Les personnages irradient les toiles tout en échappant au regard.
Par un effet de répétition dans la construction des tableaux l’artiste semble nous interroger sur le corps nu de la femme dans l’iconographie contemporaine : « qu’est-ce qu’un corps de femme » ?
La peinture n’est pas l’unique champ d’expression de cette jeune artiste, gageons qu’elle reviendra présenter d’autres aspects de sa créativité…
